Espace virtuel/espace psychanalytique /empathie
Il existe sur ou par le net une façon d’entrer en relation bien particulière .Si en général dans la rue, il est habituel de ne pas s’adresser à un étranger, ce n’est ni le temps ,ni le lieu opportun Si téléphoner ou écrire à quelqu’un présuppose un minimum de connaissance l’adresse ou le numéro de téléphone.
Le net offre cette possibilité de s’introduire dans une communication en affichant quelque chose .Ce quelque chose témoigne d’une apparition sur le réseau. Il y a là un espace d’échanges dans une langue informatique pour bien démarquer qu’il ne s’agit ni de parole ni d’écriture, mais d’un texte agrémenté parfois de représentations diverses.
Cet espace est toujours actif, sa temporalité est particulière pour ce langage.
Ce qui peut s’y jouer là de la relation relève d’un grand éventail, tous les registres d’affect sont mobilisés chez les internautes.
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S’exprimer est le premier terme.
Au cours de séances de psychanalyse nous rencontrons maintenant des analysants qui évoquent cette scène, un certain nombre y jouent leurs amours.
Par exemple, celui -ci qui au cours des échanges internet , assez régulièrement, finissait par tomber amoureux, devenait accro, se construisait des scénarios et n’attendait que leur réalisation.
Souvent il est arrivé, et il n’est pas le seul, que n’y tenant plus il finisse par rejoindre le cyber partenaire repéré. Il avouera que la suite de l’histoire se révèle être un échec. Parfois c’est le drame (un pot aux roses est découvert)
Parfois, deux internautes se mettent d’accord pour une rencontre et cette préparation la place sous un meilleur angle.
Que vient faire la question de l’espace pschychanalytique la dedans ?
Et bien voilà :
LE CADRE
Si l’espace internet est un espace clos, c’est clos ! internet ou pas ; mais c’est un espace machine avec l’acte d’ouvrir ou pas une fois dans l’espace « chat », la relation qui s’y déploie est repérée : texte, fréquence etc.…Tous les champs relationnels affectifs peuvent s’y déployer :
L’espace analytique a quelques parentés.
Espace clos la séance dans la cure.
Le cadre est ici convention énoncée de relation : c’est pour une analyse.
LE CONTENU
Dans cet espace se déploie un échange ou le langage est prédominent, ici verbal en présence, cet espace est aussi le lieu de l’affectif, de l’imaginaire, selon la règle de l’analyse. C’est aussi une mise à l’écart de l’action, de la vraie vie.
D’autre part l’un des interlocuteurs est censé occuper la place d’analyste ce qui influe sur ses interventions verbales et leur contenu.
Parfois cette attitude a d’une façon plus ou moins importante d’autres intentions, rarement perverses, le plus souvent soit à visée aidante soit soignante.
La prégnance de ces intentions dans les verbalisations rapproche alors de ce qui se passe comme j’ai pu l’entendre dans l’espace internet ou souvent existe un récit d’un « problème » ou d’une crise existentielle douloureuse, perte, deuil, choix, qui recueille soit des conseils et encouragements, soit le récit d’histoires comparables, soit même d’interprétations.
Se pose la question du rôle « maternant » qui peut advenir dans ces cyber-relations. Rôle aussi d’encouragement à l’expression ce qui, sur ce point, rapprochera de la consigne d’analyse dîtes ce qui nous vient à l’esprit.
QUELQUES CONSIDERATIONS, LE PASSAGE L ACTE
Il est en analyse comme en cyber-relation des passages à l’acte.
Ils paraissent bien traduire dans les deux cas une difficulté d’articulation, une faille entre différents champs.
La conceptualisation lacanienne y prépare dans son SRI .
Parmi les questions, la place de la figure paternelle a son importance. Où peut-elle se situer ? Puisque, par exemple, la question du temps est à disposition, et sous le silence au départ : il est possible d’accéder au champ cybernétique à n’importe quel moment.
Cette question du Père se retrouve certainement dans le langage, rappelée par l’organisation de l’expression.
EMPATHIE
Pour terminer ce tour d’horizon, évoquons la place de l’empathie dans ces situations.
Nous voyons que dans la cyber-communication se déploie seul un effet de langage, et qu’il suscite des mouvements de soutien d’aide, de la communauté des lecteurs, peut-on parler de compassion ?.. je pencherais pour oui.
Peut-on parler d’empathie, je dirais plus difficilement oui, si je garde l’idée d’une empathie qui soit communication directe de personne à personne par des indices infra verbaux ou inconscients, de cet inconscient qui représente , par ce qui n’apparait pas, dans la communication organisée sous l’égide du langage.
Reste qu’il est possible de garder des éléments de style, comme aptes aussi à communiquer efficacement sur ce mode.