dimanche 23 janvier 2011

BIOLOGIE ET IDENTITE

BIOLOGIE ET IDENTITE

Ce Texte est écrit avec une bonne part de méconnaissance du sujet avec le gros avantage que la méconnaissance ici se situe par rapport à ce qui est connu d’autrui et pourra se pointer dans le commentaire.

Une autre remarque me parait nécessaire, en allant du côté du biologique, l’idée serait d’être au plus près du naturel, or il n’est pas possible d’éloigner que l’investigation biologique tient du social, de la culture qui nous conduit parfois dans cette direction.

Il aurait été aussi intéressant de refaire précisément un historique des découvertes ;

Cette chronologie va mettre un ordre dans l’aléa des découvertes, ordre qui est probablement signifiant.

Là, pour une première fois je parle avec une dose d’ignorance.
Darwin précède Mendel et c’est la transmission qui est en première ligne.
Watson et Crick précèdent Daucet.

Pourquoi ces rapprochements : la première avancée porte sur la singularité génétique. Le mécanisme dans la constitution du patrimoine génétique d’un individu montre comment le hasard (lors de la méiose, lors de la fécondation) amène à un ensemble singulier unique).

Archétype de l’individualité à venir. Pourtant si cette conceptualisation permettait de l’approcher, elle n’est pas en mesure de la décrire en entier, il faudrait séquencer tous les chromosomes.

Or, nul besoin d’arriver à une telle exactitude pour repérer jusqu’à le singulariser et identifier un individu.

Les méthodes génétiques du ciblage paraissent suffisantes à ce but.
Là encore, après l’objectif de la reconnaissance, s’enclenche d’emblée celui de la filiation (police scientifique, recherche de paternité).

La loi s’intéresse ici aux tréfonds de nos racines biologiques.
Il est possible d’envisager combien la pression du social, ou plutôt potentialité vient renforcer ce qui pourrait être une quête de l’homme sur lui-même.

Or cette quête ne s’arrête pas au fait humain, c’est aussi une quête du vivant, celle de se différencier de l’environnement, de distinguer la soi du non soi.

Les travaux de Jean Daucet sur les systèmes tissulaires pour comprendre le rejet des greffes, aborde les mécanismes biologiques de la reconnaissance de soi.

Je vais imager : chacune de nos cellules porte des étendards HLA brandissant une petite protéine (9AA), certifiant l’appartenance identitaire.
Dit par Daucet :

« A la surface de chaque cellule de notre organisme se trouvent des milliers de molécules HLA qui flottent sur la membrane lipidique.
Toutes ces molécules portent dans leur sillon un peptide qui sera reconnu appartenant au soi, ou au contraire étranger (non soi) par un récepteur présent sur les lymphocytes tueurs. »

Bien qu’une telle discontinuité puisse être remise en question, la notion d’un apprentissage et d’un système d’auto reconnaissance reste d’actualité ; reconnaissance qui n’exige dans le fond, qu’une très petite marque parmi une foison de matériel.

Il se dégage le fait que fabriquer une marque d’une identité au plus profond de notre corps, est une nécessité vitale. Elle permet la constitution d’une unité fonctionnelle par cette marque commune, ainsi que la possibilité de persévérer dans son être.

L’autre moment de discussion qui intervient porte sur l’importance de la notion de forme.

Si, en biologie, la composition a son importance, la forme en est le second aspect.

Notre mise en forme est, elle aussi, singulière … partout ? Jusqu’où ? Nous en avons cependant repéré quelques unes aptes à nous renseigner sur l’identité.

Remarquons que l’élément observé peut être extrêmement parcellaire et repéré par l’identification sociale mise en service :

- depuis quand les empreintes ?

- puis la pupille


Il y en a probablement d’autres que je ne connais pas.

A quelle nécessité peut bien correspondre un tel marquage ? Ou singularité qui échappe en général à la perception visuelle. Est-ce un vestige des temps anciens ? Défaut de régulation ? Coquetterie de l’évolution ? Ou bien, un facilitant pour l’identification par l’humain ?...

Reste que cette forme phénotype globale est bien souvent perçue … Nous avons cette aptitude à nous identifier les uns les autres par la voix, la vue.
Image que nous sommes capables de mémoriser suffisamment pour la reconnaitre à l’identique, voire même jusqu’à une certaine déformation, associée bien sûr à ces questions de généalogie… des ressemblances…

Formes qui se retrouveront même dans l’activité, le geste, au-delà de tout apprentissage.

Que la photographie ait été inventée, et voilà que nous nous en saisissons pour attester de l’identité, sachant bien ce qu’il convient de fixer pour être le plus représentatif : le visage (pour les baleines c’est la queue).

Nous en arrivons ainsi aux premières identifications à rebours… en remontant vers le langage…celle ou l’identité est excorporée. Petit à petit, là encore je construis par ignorance.

« L’identité sur papier « ...Fils ou fille de » …, s’associe pour nous à la dénomination, le nommé singulier est ainsi rattaché à sa communauté. Cette phrase : je m’appelle XXXX répétée à l’identique devient le témoin de l’identité de celui qui la répète.

Nouveau petit étendard que l’individu coproduit. C’est reprise de ce qui fait lien.

Que serait un nom qui ne serait connu que du porteur ?

Que serait un nom dont personne ne se reconnaitrait le porteur ?

Le langage nous montre que l’identité ne vaut que dans la relation.
Il serait possible de s’interroger sur ce qu’il en ait en biologie, et de distinguer :

En biologie l’identification permet de reconnaitre ce qui fait partie de soi /le non soi

Au niveau de la psyché il s’ajoute un repérage parmi les non soi, identifier l’autre .

Cette notion d’identité pourrait avoir sa propre autonomie, et de cet objet l’humain fera usage, soit dans un sens, soit dans l’autre ; pour la marquer, pour la

cacher ou l’effacer.

C’est ici, à mon sens que s’articule cet aspect particulier de l’identité qui est la personnification. Elle ne remplace pas l’identité mais vient y appliquer sa marque en premier, sur le corps.

mardi 23 novembre 2010

Empathie /stade du miroir

Vers une nouvelle version du stade du miroir

où le miroir est de l’autre coté du regard.

L’âge de l’empathie le livre de Frans de Waal .

Son étude de l’empathie se situe à partir d’un champ d’observation en zoologie, et peut-être plus à partir de l’étude des mammifères, en particulier des primates, voire des grands primates. Etude à la fois comportementale et éthologique.

Il n’hésite pas à étendre ses réflexions vers les neurosciences et aussi vers la biologie puis la psychosociologie humaine allant même parfois jusqu’à la dimension politique.

Son premier point fort est de resituer l’empathie dans une perspective évolutionniste qu’il place en parallèle avec les théories évolutionnistes darwinienne comme complément à une compréhension plus générale de l’évolution.

De ce fait il prend directement partie et situe l’empathie humaine dans le continuum animal, reléguant ainsi toute perspective à ce niveau d’un trait spécifiquement humain que nous prêterions à l’animal uniquement par anthropomorphisme.

Ceci posé, il est alors possible d’entamer l’étude d’une empathie basale qui porterait sur plusieurs registres, se référant avec les bases neurologiques de système de neurones miroirs par exemple :

- à la contagion motrice

- à la contagion émotionnelle.

Ce qui permet de situer la scène de l’empathie :

- de présence des corps

- de contrôle visuel

- de visage.

Trois fondamentaux de la communication empathique.

A cette strate d’empathie primaire vient se superposer un niveau plus élevé qu’il est possible de qualifier de comportement empathique.

- comportement direct

- comportement médiatisé.

Il s’en suit deux observations :

1) l’émission de ce comportement est alors soumise à d’autres contingences qui viennent soit l’accentuer, soit le supprimer.

Exemple :

- la proximité familiale ou sociale

- la possibilité d’identification (ce qui nous intéresse ici est une approche possible du rapport imitation identification en donnant les éléments d’un étayage )

Ou à l’inverse,

- la compétition interpersonnelle

- la distance.

2) l’émission du comportement empathique est l’objet d’une satisfaction chez l’émetteur (centre neurologique du plaisir) ce qui peut apparaitre à l’occasion d’un comportement altruiste.

Viendrait ensuite ce que nous pourrions appeler un troisième niveau d’attitude empathique. Celui qui implique la stratification d’une reconnaissance de l’altérité / soi

Co-émergence dira de Waal :

- la reconnaissance de sa propre image/et d’autrui,

- la question du temps

- la question de la quantité,

- la question de la justice,

font que dans cette distinction le comportement empathique va prendre une nouvelle signification.

Tout cet ensemble est constaté avant l’apparition d’une langue.

Ce n’est qu’avec le niveau langage qu’apparait alors la compassion et la pitié.
Cela permet à l’homme de revisiter les strates antérieures.

La lecture du premier niveau de l’empathie amène chez l’analyste l’évocation du concept de pulsion sur le fait :

- de la notion d’une dynamique sollicitée

- et de la forme qui se dessine

- ainsi qu’un caractère tout-à-fait basique avec un apport variable dans l’élaboration consciente.

La grande objection serait que la prédominance du sexuel n’apparait pas, et que la question de la représentation ne peut être vue comme telle.

Faut-il pour autant considérer cette notion comme incompatible avec la psychanalyse.

Dans la mesure où elle constitue un apport de la neurobiologie, cela parait difficile, et

Freud lui-même attendait ces apports pour modifier ses conceptions.

Sommes-nous dans une discussion passée, rappelant celle à propos de l’attachement et de son rapport avec la métapsychologie. Comme nous le verrons il pourrait y avoir de grandes similitudes.

jeudi 21 octobre 2010

Séminaire CIPA

En préparation du séminaire 2011 du CIPA Normandie sur le thème Figura :

Les nouvelles identités

Introduction

Deux codes président aujourd’hui la question de l’identité :

Le code génétique

Le code civil

Si le code génétique est une donnée de base sa variation au cours de l’existence n’en est pas moins certaine et les effets engendrés constatables.

Quant au code civil ; expression de langue,d’une organisation sociale ,il reflète aussi un perpétuel changement .Référer ces changements à l’économie (comptage) risque de réduire la conceptualisation à l’aspect quantitatif dans l’échange où pourtant la notion de mesure intervient, et laisse de coté la question des qualités propres du changement observé.

C’est dans ces mouvements qu’une unité fonctionnelle trace son sillon .

Notre travail va interroger successivement :

L’individuation

La construction de la notion de personne en anthropologie et dans l’histoire

Le travail accompli par l’humain pour l’avènement , l’élaboration ,voire l’anéantissement de cette question identitaire .

C’est à partir de ce à quoi nous sommes confrontés dans la cure psychanalytique que nous considérerons ce que procède la dialectique ipséité/altérité dans la relation interhumaine pour l’envisager dans ses devenirs .

La méthode

Le séminaire va s’articuler autour des échanges sur le blog :michelbrouta.blogspot.com

Il présentera des textes d’introduction : points cliniques, ou , lectures ex P Caspar, P Magistretti, A. Casilli , N Elias, F de Waal, M Neyraut,P Ricoeur .

Les points en discussion fourniront les bases lors des rencontres ( un mardi par mois annoncé sur le blog) dans le cheminement du thème .

Un compte rendu sera restitué dans l’espace de discussion .

A Bientôt j’espère

lundi 4 octobre 2010

Empathie

Espace virtuel/espace psychanalytique /empathie

Il existe sur ou par le net une façon d’entrer en relation bien particulière .Si en général dans la rue, il est habituel de ne pas s’adresser à un étranger, ce n’est ni le temps ,ni le lieu opportun Si téléphoner ou écrire à quelqu’un présuppose un minimum de connaissance l’adresse ou le numéro de téléphone.

Le net offre cette possibilité de s’introduire dans une communication en affichant quelque chose .Ce quelque chose témoigne d’une apparition sur le réseau. Il y a là un espace d’échanges dans une langue informatique pour bien démarquer qu’il ne s’agit ni de parole ni d’écriture, mais d’un texte agrémenté parfois de représentations diverses.

Cet espace est toujours actif, sa temporalité est particulière pour ce langage.

Ce qui peut s’y jouer là de la relation relève d’un grand éventail, tous les registres d’affect sont mobilisés chez les internautes.

.

S’exprimer est le premier terme.


Au cours de séances de psychanalyse nous rencontrons maintenant des analysants qui évoquent cette scène, un certain nombre y jouent leurs amours.

Par exemple, celui -ci qui au cours des échanges internet , assez régulièrement, finissait par tomber amoureux, devenait accro, se construisait des scénarios et n’attendait que leur réalisation.

Souvent il est arrivé, et il n’est pas le seul, que n’y tenant plus il finisse par rejoindre le cyber partenaire repéré. Il avouera que la suite de l’histoire se révèle être un échec. Parfois c’est le drame (un pot aux roses est découvert)

Parfois, deux internautes se mettent d’accord pour une rencontre et cette préparation la place sous un meilleur angle.

Que vient faire la question de l’espace pschychanalytique la dedans ?

Et bien voilà :

LE CADRE

Si l’espace internet est un espace clos, c’est clos ! internet ou pas ; mais c’est un espace machine avec l’acte d’ouvrir ou pas une fois dans l’espace « chat », la relation qui s’y déploie est repérée : texte, fréquence etc.…Tous les champs relationnels affectifs peuvent s’y déployer :

L’espace analytique a quelques parentés.
Espace clos la séance dans la cure.
Le cadre est ici convention énoncée de relation : c’est pour une analyse.

LE CONTENU


Dans cet espace se déploie un échange ou le langage est prédominent, ici verbal en présence, cet espace est aussi le lieu de l’affectif, de l’imaginaire, selon la règle de l’analyse. C’est aussi une mise à l’écart de l’action, de la vraie vie.
D’autre part l’un des interlocuteurs est censé occuper la place d’analyste ce qui influe sur ses interventions verbales et leur contenu.
Parfois cette attitude a d’une façon plus ou moins importante d’autres intentions, rarement perverses, le plus souvent soit à visée aidante soit soignante.


La prégnance de ces intentions dans les verbalisations rapproche alors de ce qui se passe comme j’ai pu l’entendre dans l’espace internet ou souvent existe un récit d’un « problème » ou d’une crise existentielle douloureuse, perte, deuil, choix, qui recueille soit des conseils et encouragements, soit le récit d’histoires comparables, soit même d’interprétations.
Se pose la question du rôle « maternant » qui peut advenir dans ces cyber-relations. Rôle aussi d’encouragement à l’expression ce qui, sur ce point, rapprochera de la consigne d’analyse dîtes ce qui nous vient à l’esprit.

QUELQUES CONSIDERATIONS, LE PASSAGE L ACTE

Il est en analyse comme en cyber-relation des passages à l’acte.

Ils paraissent bien traduire dans les deux cas une difficulté d’articulation, une faille entre différents champs.

La conceptualisation lacanienne y prépare dans son SRI .

Parmi les questions, la place de la figure paternelle a son importance. Où peut-elle se situer ? Puisque, par exemple, la question du temps est à disposition, et sous le silence au départ : il est possible d’accéder au champ cybernétique à n’importe quel moment.
Cette question du Père se retrouve certainement dans le langage, rappelée par l’organisation de l’expression.

EMPATHIE

Pour terminer ce tour d’horizon, évoquons la place de l’empathie dans ces situations.
Nous voyons que dans la cyber-communication se déploie seul un effet de langage, et qu’il suscite des mouvements de soutien d’aide, de la communauté des lecteurs, peut-on parler de compassion ?.. je pencherais pour oui.
Peut-on parler d’empathie, je dirais plus difficilement oui, si je garde l’idée d’une empathie qui soit communication directe de personne à personne par des indices infra verbaux ou inconscients, de cet inconscient qui représente , par ce qui n’apparait pas, dans la communication organisée sous l’égide du langage.
Reste qu’il est possible de garder des éléments de style, comme aptes aussi à communiquer efficacement sur ce mode.

samedi 21 novembre 2009

Bonjour,

Ouverture du blog le 21/11/09