BIOLOGIE ET IDENTITE
Ce Texte est écrit avec une bonne part de méconnaissance du sujet avec le gros avantage que la méconnaissance ici se situe par rapport à ce qui est connu d’autrui et pourra se pointer dans le commentaire.
Une autre remarque me parait nécessaire, en allant du côté du biologique, l’idée serait d’être au plus près du naturel, or il n’est pas possible d’éloigner que l’investigation biologique tient du social, de la culture qui nous conduit parfois dans cette direction.
Il aurait été aussi intéressant de refaire précisément un historique des découvertes ;
Cette chronologie va mettre un ordre dans l’aléa des découvertes, ordre qui est probablement signifiant.
Là, pour une première fois je parle avec une dose d’ignorance.
Darwin précède Mendel et c’est la transmission qui est en première ligne.
Watson et Crick précèdent Daucet.
Pourquoi ces rapprochements : la première avancée porte sur la singularité génétique. Le mécanisme dans la constitution du patrimoine génétique d’un individu montre comment le hasard (lors de la méiose, lors de la fécondation) amène à un ensemble singulier unique).
Archétype de l’individualité à venir. Pourtant si cette conceptualisation permettait de l’approcher, elle n’est pas en mesure de la décrire en entier, il faudrait séquencer tous les chromosomes.
Or, nul besoin d’arriver à une telle exactitude pour repérer jusqu’à le singulariser et identifier un individu.
Les méthodes génétiques du ciblage paraissent suffisantes à ce but.
Là encore, après l’objectif de la reconnaissance, s’enclenche d’emblée celui de la filiation (police scientifique, recherche de paternité).
La loi s’intéresse ici aux tréfonds de nos racines biologiques.
Il est possible d’envisager combien la pression du social, ou plutôt potentialité vient renforcer ce qui pourrait être une quête de l’homme sur lui-même.
Or cette quête ne s’arrête pas au fait humain, c’est aussi une quête du vivant, celle de se différencier de l’environnement, de distinguer la soi du non soi.
Les travaux de Jean Daucet sur les systèmes tissulaires pour comprendre le rejet des greffes, aborde les mécanismes biologiques de la reconnaissance de soi.
Je vais imager : chacune de nos cellules porte des étendards HLA brandissant une petite protéine (9AA), certifiant l’appartenance identitaire.
Dit par Daucet :
« A la surface de chaque cellule de notre organisme se trouvent des milliers de molécules HLA qui flottent sur la membrane lipidique.
Toutes ces molécules portent dans leur sillon un peptide qui sera reconnu appartenant au soi, ou au contraire étranger (non soi) par un récepteur présent sur les lymphocytes tueurs. »
Bien qu’une telle discontinuité puisse être remise en question, la notion d’un apprentissage et d’un système d’auto reconnaissance reste d’actualité ; reconnaissance qui n’exige dans le fond, qu’une très petite marque parmi une foison de matériel.
Il se dégage le fait que fabriquer une marque d’une identité au plus profond de notre corps, est une nécessité vitale. Elle permet la constitution d’une unité fonctionnelle par cette marque commune, ainsi que la possibilité de persévérer dans son être.
L’autre moment de discussion qui intervient porte sur l’importance de la notion de forme.
Si, en biologie, la composition a son importance, la forme en est le second aspect.
Notre mise en forme est, elle aussi, singulière … partout ? Jusqu’où ? Nous en avons cependant repéré quelques unes aptes à nous renseigner sur l’identité.
Remarquons que l’élément observé peut être extrêmement parcellaire et repéré par l’identification sociale mise en service :
- depuis quand les empreintes ?
- puis la pupille
Il y en a probablement d’autres que je ne connais pas.
A quelle nécessité peut bien correspondre un tel marquage ? Ou singularité qui échappe en général à la perception visuelle. Est-ce un vestige des temps anciens ? Défaut de régulation ? Coquetterie de l’évolution ? Ou bien, un facilitant pour l’identification par l’humain ?...
Reste que cette forme phénotype globale est bien souvent perçue … Nous avons cette aptitude à nous identifier les uns les autres par la voix, la vue.
Image que nous sommes capables de mémoriser suffisamment pour la reconnaitre à l’identique, voire même jusqu’à une certaine déformation, associée bien sûr à ces questions de généalogie… des ressemblances…
Formes qui se retrouveront même dans l’activité, le geste, au-delà de tout apprentissage.
Que la photographie ait été inventée, et voilà que nous nous en saisissons pour attester de l’identité, sachant bien ce qu’il convient de fixer pour être le plus représentatif : le visage (pour les baleines c’est la queue).
Nous en arrivons ainsi aux premières identifications à rebours… en remontant vers le langage…celle ou l’identité est excorporée. Petit à petit, là encore je construis par ignorance.
« L’identité sur papier « ...Fils ou fille de » …, s’associe pour nous à la dénomination, le nommé singulier est ainsi rattaché à sa communauté. Cette phrase : je m’appelle XXXX répétée à l’identique devient le témoin de l’identité de celui qui la répète.
Nouveau petit étendard que l’individu coproduit. C’est reprise de ce qui fait lien.
Que serait un nom qui ne serait connu que du porteur ?
Que serait un nom dont personne ne se reconnaitrait le porteur ?
Le langage nous montre que l’identité ne vaut que dans la relation.
Il serait possible de s’interroger sur ce qu’il en ait en biologie, et de distinguer :
En biologie l’identification permet de reconnaitre ce qui fait partie de soi /le non soi
Au niveau de la psyché il s’ajoute un repérage parmi les non soi, identifier l’autre .
Cette notion d’identité pourrait avoir sa propre autonomie, et de cet objet l’humain fera usage, soit dans un sens, soit dans l’autre ; pour la marquer, pour la
cacher ou l’effacer.
C’est ici, à mon sens que s’articule cet aspect particulier de l’identité qui est la personnification. Elle ne remplace pas l’identité mais vient y appliquer sa marque en premier, sur le corps.

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